jeudi, août 18, 2022

Emirates Mars Mission

Ce début d’année 2021 est marqué par une actualité riche du côté de Mars. En effet, outre l’arrivée du rover Perseverance sur la planète rouge, une sonde envoyée par les Emirats Arabes Unis est entrée en orbite le 9 février 2021, 200 jours après son lancement. Aujourd’hui, nous allons donc revenir sur la mission EMM (Emirates Mars Mission)

Fusée Mitsubishi H-IIA (Site EMM)
Nous sommes le 20 juillet 2020, jour de lancement d’une fusée Mitsubishi H-IIA sur l’île de Tanegashima au Japon. À bord se trouve la sonde Hope (« Espoir » en français ou « Al-Amal » en arabe) qui permettra d’en savoir plus sur le climat martien. Cette dernière s’apprête à faire un voyage de plus de 493 millions de kilomètres afin d’atteindre la planète Mars. 

 

Logo de la mission Emirates Mars Mission

 

Mais revenons quelque temps en arrière. Les travaux concernant la sonde ont débuté en 2014, réunissant 150 ingénieurs émiratis ainsi que 200 ingénieurs américains. Plusieurs universités américaines ont participé à la conception de la sonde Hope. Cette dernière a été fabriquée par le LAPS (Laboratory for Atmospheric Space  Physics, Laboratoire de Physique Atmosphérique et Spatiale en français) de l’Université du Colorado aux États-Unis. Il est également intéressant de souligner que 90% des scientifiques émiratis ayant travaillés sur le projet sont des femmes.
Bien que les Émirats Arabes Unis soient considérés comme débutants dans la conquête spatiale, ils rentrent dans le cercle très fermé des pays ayant envoyé une sonde spatiale vers une autre planète du système solaire (États-Unis, Union soviétique/Russie, Europe, Japon, Inde, Chine).
La sonde Hope en inspection avant le lancement (site EMM)
La sonde est composée de trois instruments principaux afin d’analyser en détail l’atmosphère de la planète Mars :
  •  Un imageur ultra longueur d’onde : EXI. Il permettra de prendre des images de Mars en 12 Mega-pixels et pourra notamment mesurer la distribution d’ozone dans la basse atmosphère de Mars.
  •  Un spectromètre infrarouge : EMIRS. Cet instrument peut observer Mars dans la bande infrarouge et mesure la profondeur optique de la poussière, des nuages de glace et de la vapeur d’eau dans l’atmosphère. EMIRS mesure également la température de la surface et de la basse atmosphère de Mars.
  • Un spectromètre ultraviolet : EMUS. Ce spectromètre étudie la haute atmosphère de Mars dans les longueurs d’onde de l’ultraviolet lointain. Il détermine la distribution du monoxyde de carbone et de l’oxygène dans la thermosphère. EMUS mesure également la distribution de l’oxygène et de l’hydrogène dans l’exosphère de Mars.
Schéma représentant les différents instruments de la sonde ainsi que leur rayon d’action sur l’atmosphère martienne (Cité de l’Espace)
Instant physique : lorsque nous parlons d’infrarouge et d’ultraviolet, ce sont des types d’ondes qui ne sont pas visibles. La longueur d’onde des ultra-violets est inférieure à 400 nanomètres alors que la longueur d’onde des infrarouges est supérieure à 800 nanomètres. Ainsi, le spectre lumineux que nous percevons (composé de toutes les couleurs) est compris entre 400 et 800 nanomètres ce qui explique pourquoi nous ne pouvons pas « voir » les ultraviolets et les infrarouges
Spectre détaillant les différentes longueurs d’onde (INRS)

 

La sonde Hope permettra de surveiller pour la première fois les changements météorologiques tout au long de la journée, sur toute la planète Mars, pendant toutes les saisons. Tout cela est possible grâce à son orbite possédant un périastre de 20 000 km et un apoastre de 43 000 km.
Première image prise par la sonde (10 février 2021)

 

Vue sur le Mont Olympe (le plus haut volcan du système solaire avec une altitude de 22.5km) Photo prise le 26 février 2021

 

Les premières données intéressantes ont été relevées par la sonde concernant l’atmosphère de Mars, nous analyserons tout cela dans un prochain article plus « scientifique ».
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