Retards et impacts sur le lancement d’Artemis II

NASA Christina Koch, NASA Victor Glover, NASA Reid Wiseman, Canadian Space Agency Astronaute Jeremy Hansen. PHOTOGRAPHE: Josh Valcarcel
Le second lancement de la série de missions Artémis, initialement prévu pour septembre 2025, a été repoussé au minimum à avril 2026. Trois astronautes américains et un astronaute canadien ont été sélectionnés pour cette mission, qui consiste à effectuer une orbite lunaire avant un retour sur Terre, après dix jours de mission. Cependant, des retards et des imprévus ont repoussé l’échéance, mettant ainsi la NASA en retard sur leurs échéances et par rapport au programme lunaire chinois.

Le rôle de l’administration Trump et des décisions politiques

Suite à l’investiture de Donald Trump en tant que 47e président des États-Unis, ce dernier nomme Jared Isaacman au poste d’administrateur de la NASA, une décision qui divise au sein de l’agence. Isaacman, qui a déjà mené avec succès deux missions avec SpaceX, arrive avec la ferme intention de remanier l’agence gouvernementale et d’y apporter des changements importants, notamment en ce qui concerne les missions Artémis. L’un des sujets brûlants est celui du SLS (Space Launch System), le lanceur lourd de la NASA qui propulsera la capsule Orion en orbite.
Jugé trop coûteux, ce projet est, selon plusieurs responsables, en danger. Les travaux de rénovation, d’adaptation des infrastructures et de développement étaient initialement estimés à 500 millions de dollars, mais le budget a rapidement été révisé à la hausse, atteignant 1,8 milliard.
Actuellement, selon certaines données, le coût total avoisinerait les 6 milliards de dollars. Cela représente un dépassement de plus de 1100% par rapport aux estimations initiales, un gouffre financier qui remet en question la viabilité du programme.
Une étude est en cours pour décider de la prolongation ou non du SLS ainsi que des solutions pour réduire les coûts et minimisé les retards sur l’ensemble du programme.
Lancement ARTEMIS I – @NASA

Les entreprises privées : un nouveau souffle pour Artémis ?

Une solution alternative au SLS pourrait être trouvée en publiant un appel d’offres afin de sélectionner une entreprise capable de répondre au cahier des charges d’un lancement Artemis. Celle-ci devrait proposer un lanceur capable de mettre en orbite la capsule Orion et son équipage. Toutefois, cette option fait débat : pour beaucoup, voir la NASA renoncer à son monopole sur la mission serait un aveu de faiblesse. Nous aurons bientôt le fin mot de l’histoire, les prochains mois s’annoncent cruciaux pour l’avenir des missions Artemis.

L’avenir des missions ARTEMIS : développements cruciaux

Artemis II est une étape clé, mais les développements qui l’accompagnent le sont tout autant. Les missions des entreprises privées jouent un rôle central dans le programme Artemis. La Lunar Gateway, développée par Maxar Technologies, le Starship HLS de SpaceX, les combinaisons spatiales d’Axiom Space et les habitats lunaires de Northrop Grumman sont autant d’éléments cruciaux. Tout retard dans ces projets pourrait faire passer les États-Unis au second plan, derrière la Chine, dans la conquête lunaire.