HyPrSpace, une startup aérospatiale française basée à Bordeaux, mise sur une nouvelle façon d’accéder à l’espace.
Fondée en 2019, elle développe des moteurs-fusées à propulsion hybride, combinant un carburant solide et un oxydant liquide. L’objectif ? Proposer une alternative plus sûre, plus économique et plus respectueuse de l’environnement aux systèmes de propulsion traditionnels.
Une propulsion hybride, un atout de taille
Contrairement aux moteurs classiques à ergols liquides ou solides, la propulsion hybride offre un équilibre entre flexibilité et sécurité. Elle permet notamment d’arrêter et de redémarrer le moteur, un atout clé pour les missions nécessitant une grande précision. Cette approche a séduit les investisseurs : en 2022, HyPrSpace a levé 1,1 million d’euros, puis 35 millions d’euros en 2023, dont 60 % financés par l’État français via le programme France 2030.
Des projets concrets en développement
L’entreprise travaille sur plusieurs lanceurs :
- Baguette One : un démonstrateur suborbital de 7 mètres conçu pour tester la technologie en conditions réelles. Il pourra transporter jusqu’à 300 kg de charge utile.
- Orbital Baguette-1 (OB-1) : un micro-lanceur de 16 mètres capable de placer 250 kg en orbite basse (LEO). Pensé comme une alternative européenne aux lanceurs privés américains, il pourrait répondre aux besoins croissants du marché des petits satellites.

Un acteur stratégique pour l’Europe spatiale
HyPrSpace veut proposer une solution compétitive pour le lancement de nanosatellites et cubesats, tout en réduisant son impact environnemental. Pour cela, elle mise sur :
- Des matériaux légers et des procédés de fabrication optimisés pour limiter les coûts.
- Une empreinte carbone réduite par rapport aux lanceurs réutilisables comme ceux de SpaceX.
En juillet 2024, l’entreprise a franchi une étape clé en réussissant le premier test à feu de son moteur hybride Terminator. Un jalon majeur vers la validation de sa technologie.
Une ambition : des lancements 100 % français
HyPrSpace veut aller encore plus loin en développant des capacités de lancement autonomes depuis la France, avec le soutien du CNES. Cette stratégie permettrait à l’Europe de réduire sa dépendance aux infrastructures étrangères et de renforcer sa souveraineté dans le domaine des micro-lanceurs.
Avec des financements solides, des avancées technologiques prometteuses et une approche innovante, HyPrSpace pourrait bien s’imposer comme un acteur clé du spatial en Europe.

